Le monde arabe en mouvement

, par  Association Etudes et Développement (AED)

Le FSM est l’occasion pour de nombreux mouvements activistes de diffuser et de dénoncer des problèmes tous azimuts. Outre les manifestations de bacheliers et d’étudiants sénégalais auxquels nous avons déjà fait mention, on note toutes sortes d’autres manifestations, y compris une manifestation d’une trentaine de Tunisiens mercredi.

À l’UCAD ce jeudi, on voit déambuler sur le campus, entre les stands et tentes d’organisations une manifestation d’Egyptiens réclamant le départ de Moubarak. Le cortège est modeste : on compte une dizaine de manifestants, auxquels se joignent sympathisants et curieux à qui une foule dense de visiteurs cède le passage. Enthousiaste, une manifestante nous confie que « les jeunes ont été le catalyseur de la révolution tunisienne », et appelle le monde à « soutenir le mouvement » et à ne pas le laisser tomber dans l’oubli en continuant à s’informer, et ce jusqu’à la chute de Moubarak.

À une conférence portant sur la Révolution tunisienne, un responsable de l’Union générale des Etudiants de Tunisie rappelle que la révolution est loin d’être terminée, qu’il reste un nouveau système à construire, et d’éviter une polarisation trop précoce et manichéenne du mouvement entre « partisans du chaos » qui refuseraient tout compromis et « traitres » qui abandonneraient la recherche d’un réel changement politique.

Autre mode de dénonciation, les conférences et débats : Naomi Klein dénombre les méfaits du changement climatique, appelle à la responsabilisation des entreprises multinationales, et défend l’idée de justice écologique transnationale. Plusieurs délégations participent, parmi lesquelles des membres des communautés indigènes du Mozambique et de la Bolivie, et éclairent la situation complexe de l’exploitation des ressources minières et hydriques dans leurs pays. Participants du Brésil, d’Inde, de Colombie, du Mexique et des Etats-Unis insistent sur l’importance de mettre en valeur les instruments existant en matière de justice transnationale et qui s’appuient sur le respect des « principes éthiques », ce qui se traduit dans le compromis entre entreprises et gouvernements du Sud pour la protection de l’environnement.

Lors de la discussion sur cette problématique, la conférencier et en général tous les assistants ont mis en avant l’importance du rôle des organisations locales qui contribuent à la conscientisation et à la dénonciation de ce type de situations et appellent à la vigilance. Les mouvements qui s’organisent tout autour de la planète, par exemple en Bolivie ou en Inde, sont un reflet de ce courant en pleine évolution, dirigé la plupart du temps par des jeunes inquiets pour l’avenir des générations futures.

Les manifestations culturelles ont animé cette journée, plusieurs groupes musicaux de percussion ont mis l’ambiance au milieu des stands des organisations sur la place centrale. Les vêtements beaux et bariolés des femmes sénégalaises qui dansaient ont attiré l’attention des visiteurs des expositions des associations.

En somme, le FSM se présente comme un espace de discussion et de dénonciation pour tout un ensemble de mouvements hétérogènes, porteurs de multiples causes et relai des réalités de leurs pays. La plupart du temps, ces exemples de mobilisation reflètent un fort engagement politique des structures associatives, et l’on note la présence de nombreux partis politiques : « Ces scènes militantes, toutes observées directement, se sont tenues au même endroit, mais ne racontent pas le même FSM » (Marie-Emmanuelle Pommerolle, Cultures et Conflits 129-149). Cette journée a apporté un éclairage des dynamiques qui animent les participants du forum ; même si les motivations initiales s’orientent vers un objectif similaire, ce corpus de dialogues et rencontres est saisi par les uns et par d’autres d’une manière différente.

Voir en ligne : Jour 4 : Le monde arabe en mouvement.

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