L’Appel de Dakar : Convergence réussie des luttes contre les accaparements de terres

, par  aGter

Les mouvements sociaux ont marqué une étape décisive dans la lutte contre les accaparements de terres, en adoptant à l’unanimité l’Appel de Dakar contre ces accaparements. Retour sur ce succès du FSM.

Comme expliqué dans un précédent article, il n’y a pas eu une seule journée du FSM sans ateliers sur les accaparements massifs de terres dans le monde. Les organisations de la société civile et les organisations paysannes ont pu présenter, au cours de ce forum, les multiples formes que prend le processus et ses nombreux impacts économiques, sociaux et environnementaux. Ce travail d’information et de sensibilisation a été nécessaire et efficace pour développer une compréhension commune du sujet et réfléchir aux luttes possibles.

C’est dans cet esprit que FIAN International, la Via Campesina, les Amis de la Terre International, le ROPPA, le CCFD et Peuples Solidaires ont appelé une assemblée de convergences pour l’action. Cette assemblée qui s’est tenue le 11 février 2011 au matin a permis de réunir la plupart des organisations qui ont travaillé sur les accaparements de terres au cours du FSM, malgré les difficultés organisationnelles.

Avec deux heures de retard, l’Assemblée a largement rempli l’amphithéâtre réservé pour l’occasion. Les structures qui avaient appelé cette Assemblée se sont présentées brièvement puis les conclusions des différents ateliers sur les accaparements de terres ont été systématiquement passées en revue pour prendre en compte l’ensemble des discussions qui ont eu lieu lors sur ce sujet.

Après ce tour d’horizon, les organisations porteuses de l’initiative ont présenté l’Appel de Dakar contre les Accaparements de terres. Cet appel a été rédigé dans les jours précédents par un groupe de travail regroupant des organisations de la société civile européenne et des organisations paysannes régionales et internationales. Ce groupe de travail, qui avait déjà porté les positions de la société civile devant le Comité de la Sécurité Alimentaire en 2010, a prolongé les propositions qui avaient été faites lors de ce Comité en avançant des pistes de travail pour articuler les actions contre les investissements massifs sur les terres.

Ce texte a été solennellement présenté par une représentante africaine de la Via Campesina et écouté avec attention et émotion par toute l’Assemblée. Il expose d’abord les apports sociaux, économiques et environnementaux des agricultures familiales et paysannes. Il reprend ensuite les risques que les accaparements font peser sur les populations rurales. Il exprime, enfin, les différentes exigences des communautés locales à l’attention des gouvernements locaux et nationaux, des institutions régionales et internationales afin que cessent immédiatement les privations qu’elles subissent dans leur accès aux ressources naturelles, suite à des projets d’investissement, quels qu’ils soient.

Après la longue acclamation de ce discours, les différentes organisations présentes dans le public ont été invitées à venir présenter les modifications qu’elles jugeaient nécessaires dans ce texte pour dégager un consensus large. Deux amendements ont ainsi été proposés et largement adoptés afin de prendre en compte la criminalisation dont sont victimes les mouvements de luttes et de rappeler les obligations extra-territoriales qui incombent aux états d’où viennent les investissements ou qui adoptent des politiques incitant ces investissements.

L’assemblée présente a unanimement adopté cet Appel de Dakar amendé, ce qui signifie qu’un consensus large a été trouvé et que nous assistons à une convergence internationale des luttes contre les accaparements de terres. Les organisateurs, conscients que cet Appel ne constitue pas une finalité mais bien un point de départ pour des actions communes, ont ensuite ouvert des discussions sur les différents outils existants et les stratégies à mettre en place pour lutter de manière coordonnée et efficace contre le phénomène. Cet Appel sera rapidement diffusé à l’ensemble des organisations présentes ainsi qu’aux différents mouvements sociaux qui travaillent sur cette thématique. Les organisations qui souhaitent se joindre au mouvement auront jusqu’à fin mars pour signer cette déclaration, date à partir de laquelle il faudra articuler les différents niveaux d’action et mutualiser nos forces pour mettre un terme à cette menace qui pèse sur les paysans du monde entier.

Navigation

Suivez-nous

Sites favoris Tous les sites

0 sites référencés dans ce secteur