La valorisation des céréales locales : un atout important pour la souveraineté alimentaire

, par  Solidarité

L’objet de la table ronde qui s’est tenue sur ce thème le 11/02/2011 était de formuler des propositions d’amélioration pour une consommation plus importante de céréales locales dans l’alimentation humaine et animale.

Les organisations présentes pour en débattre :
- FNBS : la Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal
- Afrique Verte : ONG française qui travaille sur l’amélioration de la sécurité et la souveraineté alimentaire au Sahel
- CNES : la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal
- ASPRODEB : Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base
- Agridev : Agriculture développement, transformateur de farines de mil et de maïs
- ITA : l’Institut de Technologies Alimentaires
- Fonce : organisation paysanne sénégalaise
- La maison du consommer sénégalais

Les questions cruciales qui ont été abordées :
- Comment augmenter les volumes de production et améliorer la qualité des céréales locales pour répondre aux exigences de transformation ?
- Comment connaître et planifier les demandes des transformateurs/industriels et commerçants ?
- Quelles formes d’organisations entre les différents acteurs ?
- Quelles conditions faut-il satisfaire pour obtenir aisément et rapidement le financement de la production, de la collecte, de la transformation et de la distribution des céréales locales ?
- En conclusion des échanges : quel plan d’actions ou esquisse de plan d’actions ?

Ce qui est ressorti des différentes interventions :

L’alimentation est un enjeu mondial. L’Afrique connaît un déficit de production et le continent fait face à une forte croissance démographique. L’Afrique se trouve à la croisée des chemins alors qu’elle est considérée comme le continent qui traîne la patte en termes de sécurité alimentaire (cf. la crise alimentaire en 2008).

La production de céréales est une solution durable pour couvrir les besoins alimentaires. Le marché des céréales locales a de beaux jours devant lui comme le prouvent les partenariats mis en place au Sénégal et les recherches qui ont permis d’en améliorer fortement la qualité (et notamment en termes de conservation, jusqu’à 6 mois) et d’augmenter le niveau technique et nutritionnel. La fertilisation des sols et le désenclavement des terres sont deux leviers de progression pour compenser le déclin du bassin arachidien et pour obtenir de meilleurs niveaux de productivité : il faut travailler sur la qualité et la quantité.

L’intérêt nutritionnel des céréales locales : ce sont des sucres lents (amidon) utilisés par l’organisme de manière progressive, elles contiennent beaucoup de vitamines et de minéraux, peu de lipides et de bonne qualité. Le Sénégal souffre d’une alimentation trop riche en amidon et trop faible en fibres alors que les céréales locales sont une bonne source de ces dernières. Leur consommation est vivement recommandée aux personnes qui souffrent de problèmes de diabète et de cholestérol. La qualité des sols, les méthodes de culture et de transformation ont également des incidences sur la qualité nutritionnelle de la céréale.

• Il y a une volonté affichée de l’Etat mais elle est insuffisante : il faut des mesures plus incitatives pour rendre le coût plus accessible. Il faut également un cadre de concertation entre les différents acteurs pour se mettre ensemble à valoriser les céréales locales.

Liste non exhaustive des forces des céréales locales : les matières premières sont disponibles ; leurs qualités gustatives et nutritives ; les recherches mises en place ; les projets tels que celui mené par l’association SOLIDARITÉ avec l’intégration de farine de céréales locales jusqu’à 50 % dans des pains (pour plus d’information : http://solidaritefsm2011.blogspot.com/) et le projet pilote de la Banque Mondiale (financement de pétrins, de kiosques à pains et de présentoirs pour 100 boulangers de la région de Dakar).

Liste non exhaustive des points à améliorer : la structuration de groupements ; l’approvisionnement en matières premières ; le prix acceptable ; le financement inaccessible aux femmes ; le manque d’équipement ; les problèmes d’hygiène ; le manque de maîtrise des technologies et de formation ; les problèmes d’emballage ; les pertes post récoltes ; le système de transformation ; le réseau de distribution ; le manque de recettes ; l’image négative des céréales locales.

Le débat a ensuite été ouvert aux nombreuses questions et interrogations du public. La session s’est terminée par la présentation et la dégustation de pains réalisés par les boulangers de SOLIDARITÉ.

Voir en ligne : Blog FSM SOLIDARITÉ

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