Un « espace climat » pour reprendre la main

, par  Attac

Chaque année est l’occasion d’enregistrer de nouveaux records de température et d’émissions de gaz à effets de serre, et un lot toujours plus important d’événements climatiques extrêmes sans précédent.

Dans le même temps, les rapports accablants sur les causes, l’ampleur et les effets du réchauffement climatique global s’empilent. Et pourtant, rien n’y fait. Les États et l’ONU cumulent les conférences internationales sans qu’aucune décision à la hauteur des enjeux ne soit prise. Pire, ils contribuent à détricoter les quelques rares dispositifs existants. Et ils étendent l’emprise de la finance , des multinationales et des technologies destructrices (OGM, biologie de synthèse, agrocarburants, géo-ingénierie...) sur nos vies et la planète. Face à la crise climatique, ils préconisent la mise en œuvre d’une « économie verte » qui revient à appliquer les recettes, mécanismes et politiques à l’origine de la multiple crise actuelle.

Un modèle énergétique obsolète

Nous perdons de trop nombreuses batailles dans le combat pour la justice climatique. À tel point que nous pouvons avoir l’impression d’être assez démunis face au sentiment d’impuissance que suscitent les défis climatiques, jugés bien souvent trop éloignés et trop abstraits. Contribuant à plus de 400 000 morts par an, les dérèglements climatiques frappent aux quatre coins de la planète et le chaos climatique menace. Plutôt que de laisser dans le sol deux tiers des réserves actuelles d’énergie fossiles comme le préconise l’Agence internationale de l’énergie , les gouvernements et les multinationales continuent de forer toujours plus profond pour extraire des énergies fossiles et maintenir coûte que coûte un modèle énergétique obsolète.
Pourtant, depuis leurs territoires, leurs lieux de vie, de travail ou de production, à travers leurs communautés locales et leurs organisations, des hommes et des femmes résistent et se dressent contre ces logiques criminelles. Ici contre l’extraction de pétrole et de gaz non conventionnel et contre l’accaparement des terres, là contre un grand projet inutile, ces résistances sont diverses et souvent l’occasion d’expérimenter des pratiques alternatives grandeur nature : agroécologie, souveraineté alimentaire, relocalisation des activités, circuits courts de production et de distribution, éco-habitat, ralentissement des rythmes de vie, pratiques de sobriété et d’efficacité énergétiques,... Sans pour autant changer durablement la donne.

Redéfinir une stratégie collective

C’est pourquoi plus d’une quinzaine d’organisations internationales, parmi lesquelles l’alliance paysanne internationale de la Via Campesina, des syndicats, des réseaux de migrants (Migrants Rights International), des organisations écologistes (Ecologistas en Accion, Global Forest Coalition, Environmental Rights Acction, etc.), Attac France et de nombreux partenaires (Focus on the Global South, Transnational Institute, Alternatives International, GRAP, etc.) ont décidé de préparer et promouvoir un « Espace Climat » lors du prochain forum social mondial. L’idée est simple : travailler ensemble, de façon horizontale et en mélangeant les acteurs, anciens et nouveaux, en liant les luttes sociales avec les luttes environnementales, en regroupant les syndicats, paysans, femmes, indiens, migrants, organisations communautaires, indignés, mouvements Occupy, Idle No More et les activistes pour le climat pour obtenir des victoires concrètes. À partir de toutes ces luttes et alternatives, il s’agira donc de redéfinir une stratégie collective et d’entamer un long processus d’accumulation de forces qui puissent renverser le cours des choses.

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