Premières rencontres et derniers coups de pinceau

, par  RECIT

Lundi 25, le réveil d’une capitale.

Ambiance bien différente en ville ce lundi !
Dimanche était paisible, lundi sera frénétique.

Dans un café de l’avenue Bourguiba

Ce lundi, notre objectif était de rencontrer le collectif de femmes créé pour le FSM qui s’est donné rendez-vous aujourd’hui à 15h sur l’avenue Bourguiba. Dans un café en plein centre-ville plus d’une vingtaine de femmes arrivent mais l’endroit, trop petit, n’est pas adapté pour permettre un échange vraiment constructif. Cependant, nous sommes contentes de nous retrouver, de faire connaissance et d’y voir aussi quelques hommes. Nous sommes touchées par le témoignage de deux Tunisiennes qui travaillent dans une usine de sous-traitance d’Airbus, qui menace de les limoger pour délocaliser l’entreprise au Mexique. Tunisiennes, Françaises, Syriennes... se concertent pour mettre en place l’organisation d’une manifestation qui soutient les femmes en lutte dans le monde. Nous avons fait un tour de table qui nous a permis de recenser les différentes associations et syndicats qui se mobilisent, entre autres, pour lutter contre l’exploitation des pays du Sud. L’ambiance est chaleureuse malgré ce temps pluvieux. Nous continuerons la discussion demain dans des conditions plus favorables à l’Assemblée des femmes. Nous les quittons contentes et enthousiasmées.

En allant acheter des cartes téléphoniques nous rencontrons une femme qui est chargée de clientèle chez l’opérateur Tunisiana. En lui faisant remarquer qu’il y avait un grand nombre de vendeuses, elle nous explique non sans fierté que 70% des chargé-e-s de clientèle dans cette entreprise sont des femmes, car elles sont plus productives que les hommes malgré les congés maternité, les enfants malades... On en profite pour échanger avec elle sur sa vie de femme dans laquelle elle se sent épanouie car les Tunisiennes peuvent avoir accès à des postes présumés masculins (chauffeurs de tramways, agent de police....). C’est agréable de pouvoir engager un dialogue comme celui-ci avec les personnes locales, cela permet de contredire certains clichés qui sont véhiculés par les médias occidentaux et donnent aussi une autre image de la société en Tunisie. Nous comptons bien profiter de nos balades urbaines pour poursuivre nos échanges.

Sanaa et Erika


Sur le Campus el Manar

Impossibilité d’échanger des euros dans les banques de Tunis, bouchons importants, trottoirs et tramways bondés et difficultés à trouver un taxi, marquent ce tout début de journée.

Point positif, de nouveaux échanges avec des Tunisiens qui nous aident à nous orienter dans la ville et notamment un instituteur de Kasserine qui nous interroge sur le forum social.
Il profite de la période des vacances scolaires pour suivre une formation sur Tunis et nous demande notre avis sur la situation dans le pays, la révolution et nos envies de découvrir la Tunisie.

JPEG - 2.9 Mo

Nous réussissons enfin à nous rendre sur le campus d’El Manar où se déroule, depuis la veille déjà, le 3ème forum mondial des médias libres.
D’emblée l’accueil est militant ! Des panneaux d’activistes qui ont inspirés les médias libres partout dans le monde sont suspendus dans le hall d’accueil. Toutes et tous ont connu des fins tragiques, des militantes kurdes assassinées à Paris jusqu’à Aaron Swartz, pour ceux que je connaissais auparavant.
On se croirait dans un mémorial et cela inspire le respect.

Je décide d’aller sur l’atelier de création d’une radio FM, l’atelier est technique, en anglais et les outils présents pour qu’un émetteur soit opérationnel à la fin de la journée ! Ici pas d’idées perchées mais des clefs très pragmatiques. Tout le monde est déjà persuadé de l’intérêt pour eux de pouvoir transmettre des informations librement et souhaitent vraiment échanger et repartir avec des solutions. Les scies et perceuses côtoient donc les schémas sur tableau noir et les participants vont et viennent en fonction des explications.

Philippe


Toujours au Forum Mondial des Médias Libres

JPEG - 127.3 ko

Sur le campus de l’Université El Manar, quelques ouvriers s’activent encore, apportant les dernières touches et nous laissant imaginer l’étendue des travaux de rénovation et d’aménagement qui ont été réalisés ces dernière semaines en vue du FSM. Les bénévoles s’activent pour monter les tentes... Nous traversons le campus pour rejoindre le Forum Mondial des Médias Libres.

Les ateliers de l’après-midi viennent de démarrer. Je me joins à celui centré sur la présentation de la distribution SPIP-echange. L’idée générale est de permettre aux associations qui le souhaitent d’avoir un site Web de
 qualité, facile à mettre en place et à mettre à jour sans y consacrer un gros budget.


PNG - 10.1 ko

Une démarche qui intéresse beaucoup les membres de RECit, notamment suite au cycle de formation animé en 2012 : "Vers des usages citoyens de l’internet : Internet au service d’une meilleure communication dans nos associations ?"

L’atelier a été aussi l’occasion d’aborder des sujets politiques liés au logiciel libre et à l’utilisation d’internet : quelles coopérations entre développeurs et société civile ? Comment lutter ensemble contre la privatisation galopante d’internet, notamment par la main-mise de GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon) sur nos données privées ? Le constat a été fait qu’un énorme travail d’information est à réaliser ensemble, tant le sujet est absent des médias, même alternatifs. Un exemple : qui connaît l’entreprise américaine ACXIOM, qui possède la plus grande base de données internet au monde ?

Samuel

Navigation

Suivez-nous

Sites favoris Tous les sites

0 sites référencés dans ce secteur