Avec les partenaires du CRID, du Sahel à l’Amérique latine

, par  RECIT

Lundi soir, rassemblement de toute la délégation Française autour des partenaires internationaux qui sera suivi d’une tribune des organisateurs du FSM.
Soirée riche mais qu’il me faut bien résumer sur quelques points marquants.

Les ateliers de rencontres sont répartis par zones géographiques. Pour ma part je choisis le sahel.
Les partenaires viennent du Tchad, du Niger, du Cameroun et du Sénégal. Tous sont des militants très actifs, ayant connu la persécution pour certains. Les échanges sont francs et cordiaux, même lorsque l’on parle des suites de la colonisation, et personne n’utilise la langue de bois. « Les coopérations internationales ne peuvent réellement porter leurs fruits que lorsqu’elles sont désintéressées » nous renvoie un syndicaliste camerounais.

Tout le monde garde donc bien les pieds sur terre par rapport à ce qui nous amène ici. L’un de nos interlocuteurs tchadiens nous explique en conclusion ce qui est important au FSM pour lui :
« Le FSM est le seul endroit au monde où l’on peut s’exprimer librement sans rien craindre ! » et que cela permet d’espérer pour la suite !

Ce jeune homme travaille justement sur les questions de la jeunesse et nous prévoyons donc de nous revoir sur son atelier commun avec le CCFD pour échanger sur nos projets respectifs.

Philippe


J’ai participé à la rencontre d’une douzaine de partenaires de sept pays d’Amérique Latine.
Ca a été une rencontre tonifiante et revigorante : ils ont la pêche et ils la transmettent.
Ce qui m’a le plus impressionné dans l’ensemble de ces partenaires c’est tout d’abord leur volonté sans faille d’influencer directement les politiques de leurs pays et la certitude que c’est possible.

Il n’y a chez eux aucune concession au fatalisme.
Ils s’attaquent aussi bien à la modification des institutions qu’aux politiques et aux modèles de développement de leurs Etats avec des propositions alternatives.
Par ailleurs, ils sont bien conscients des difficultés qui s’opposent à leur volonté et ils sont également conscients que le fait d’avoir obtenu des résultats même importants n’empêche pas le "pouvoir" de freiner leur mise en œuvre.
Par exemple, au Pérou, d’importants mouvements sociaux de paysans et d’indigènes ont abouti à une nouvelle constitution avec une nouvelle structure institutionnelle reconnaissant les droits et la participation à la vie politique des indigènes. Mais le pouvoir a aussitôt fermé toutes les portes permettant d’accéder à ces droits. Les associations sont en train de relancer la mobilisation pour s’attaquer à ces nouveaux freins.

De plus, ils ont un éventail de préoccupations et d’actions très ouvert.
Leurs priorités sont :

  • la protection de la terre
  • les droits des femmes
  • les droits des indigènes
  • les jeunes.

La présence de cette multiplicité d’objectifs leur donne une charge alternative.
Les actions pour l’accès des indigènes aux droits fondamentaux sont portées par un discours sur le respect des différences cultuelles et d’une sortie de la colonisation.
Une autre caractéristique présente dans un nombre important de délégations est leur vision continentale des problèmes. Les représentants de l’ensemble des pays limitrophes du Brésil, ainsi que la délégation du Brésil elle-même, sont conscients que les politiques de développement du Brésil impactent directement toute l’Amérique Latine, d’où la conscience de la nécessité de coordonner les actions des différents pays.

Par ailleurs la délégation brésilienne fonde tous les projets alternatifs sur un socle d’éducation populaire. Paulo Freire ne serait-il pas passé par là ?
Pour terminer, une délégation a affirmé clairement que le but ce n’est pas la création d’un nouveau monde mais de « nouveaux mondes ». Elle a été chaleureusement applaudie.

Tito


Réunion plénière avec toute la délégation et les organisateurs du CRID, du Brésil, d’Inde et de Tunisie.

Remerciements est un des mots clefs de la soirée. Remerciements de la part des organisateurs à l’attention de tous les participants présents et de ceux qui malheureusement sont restés bloqués à des frontières trop hermétiques.
Les mots de chacun sont forts de sens et donnent un réel élan au participant que je suis… mais bien entendu ce sont les mots des représentants tunisiens qui étaient très attendus.

L’énergie, la joie, l’engouement, la fierté aussi sont présents chez eux. Ils ne prétendent pas que tout sera parfait et que tout va bien, ils expliquent que chaque processus de révolution prend du temps mais que le FSM fait partie de ce processus !!

Les sentiments les plus marquants me viendront lorsqu’un des responsables tunisiens expliquera que les Tunisiens qui ont fait la révolution ne sont pas les Tunisiens qui ont gagné les élections… et lorsqu’il rendra un hommage très appuyé en retraçant tout le parcours de Chokri Belaïd

Philippe

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