Femme et activisme médiatique : La résistance par l’information

, par  Justine Peullemeulle, Ritimo

En ce premier jour d’activités du FSM, l’un des sujets à l’honneur a porté sur l’engagement des femmes dans le droit à l’information et à la communication.

Une fois n’est pas coutume, la conférence a débuté par un conte musical brésilien démontrant la place fondamentale de la femme dans le partage des savoirs et de la connaissance depuis l’Homme sur terre jusqu’à maintenant dans notre monde globalisé par Internet. En prenant l’image du Cirque (Ciranda), le conte a voulu montrer l’importance du partage et de l’échange qui rythme les relations sociales et l’évolution de l’humanité.

Depuis une vingtaine d’années, Internet a permis de découvrir un espace vaste, propice au partage des savoirs. Internet nous donne l’occasion de construire des réseaux libres de partage tout en étant un espace d’accaparement du savoir comme les contrôles déjà existants dans la politique, l’éducation, les semences, etc.

L’enjeu de l’information et de sa diffusion en Palestine, au Brésil et en Algérie nous montre l’importance de son rôle dans la construction de résistances et l’ampleur des luttes pour le respect des droits humains, en particulier des femmes.

A travers des exemples comme l’Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires (AMARC), IndyMedia, les femmes participent activement à « faire » l’information, à enrichir la mémoire de la résistance et de la révolution.

L’information a un rôle prépondérant pour renforcer et attirer toutes les personnes vers la lutte pour qu’elle soit de plus en plus forte. Apprendre à écouter l’autre permet de partager les mémoires et les réalités que nous soyons en Afrique, en Amérique Latine, en Europe, etc.

Un témoignage fort d’une représentante de l’association brésilienne Ciranda d’origine palestinienne nous prouve le rôle incontournable de l’information pour faire face à la discrimination et la déshumanisation que vivent les palestiniennes et les palestiniens au quotidien. Il s’agit d’occuper le champ de la communication pour raconter des réalités différentes que ce qui est diffusé par les médias dépendants des pouvoirs économiques et politiques. La solidarité internationale des médias libres et alternatifs a été réaffirmée pour renforcer la lutte face à l’emprisonnement de plus en plus de journalistes palestiniens en Israël.

Houba, jeune femme de l’Union de la femme palestinienne a dénoncé la situation de la femme palestinienne sous l’occupation. En tant que partenaire de l’action de résistance, aux côtés des hommes, les femmes militent sur tous les champs, tant politiques que sociaux, pour faire pression sur l’autorité palestinienne. Les revendications nationalistes des femmes sont prépondérantes et servent à garantir leurs places dans la société.

Ourida Chouaki, militante féministe algérienne est revenue sur l’histoire de la lutte des femmes en Algérie pour traiter de la question de l’espace médiatique par les femmes.
Les femmes, en Algérie, font face à des incohérences institutionnelles entre la constitution qui garantie l’égalité des droits et le code de la famille qui donne un rôle mineur à la femme.
Les femmes sont ainsi passées de la clandestinité pour revendiquer l’égalité des droits à une ouverture médiatique moins restreinte, essentiellement par la presse écrite. Pour autant la médiatisation de leurs combats reste d’actualité au regard de l’absence totale d’accès aux médias télévisuels ou radiophoniques puisque la loi interdit les radios hors étatiques.

Lelex, Juriste sociale brésilienne et membre de Ciranda s’engage dans la problématique de l’accès aux droits des hackers et dénonce l’inégalité des droits entre les femmes et les hommes en terme de nouvelles technologies. L’égalité juridique entre les genres concernant aussi le domaine des nouvelles technologies alors même que cette problématique est totalement occultée.

La conférence a été clôturée par une militante uruguayenne, emprisonnée pour ses idées politiques, qui s’investit dans le droit des femmes et le droit à la communication depuis 28 ans.
Le collectif de féministe auquel elle appartient investit les campagnes de communication pour dénoncer les conditions de travail des travailleuses domestiques ainsi que le fondamentalisme religieux. L’information est, pour elle, un instrument de résistance incontournable, notamment via une revue qui permet de participer à la coalition pour la démocratisation de la communication. Le collectif a participé notamment à construire la loi sur l’audiovisuel pour que le gouvernement décrète que 30 % de la scène médiatique soit réservée aux communautés locales et citoyennes.

Ainsi le cirque (Ciranda) du partage est en marche et doit continuer à prendre de l’ampleur pour faire face à une marchandisation du savoir et participer à l’établissement de droits fondamentaux pour toutes et tous.

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