La démocratie en question

, par  MCM44

Environ cent ateliers organisés dans le cadre du Forum Social Mondial de Tunis traitent de l’enjeu démocratique, notamment dans les pays du Maghreb – Machrek.
Le contexte de la région où se passe le forum explique en grande partie ce chiffre important.
Au sein du forum, on parle de démocratie mais on cherche sa forme, ses modes de fonctionnement afin qu’elle réponde au mieux au besoin de la population, qu’elle soit juste et la plus participative possible.
On essaye en fait de retrouver le sens du mot « démocratie » et une certaine philosophie en laquelle croire.
Kamel Jendoubi, Président de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les Élections en Tunisie) explique que pour que la démocratie s’installe, les instances gouvernantes doivent retrouver une certaine crédibilité, une légitimité et la confiance du peuple tunisien.
Ce peuple vient d’expérimenter que la démocratie a un prix, parfois cher à payer, surtout pour les classes les plus basses. L’augmentation du chômage, la hausse du coup de la vie, la remise en question de certains droits (notamment des femmes), viennent ternir l’engouement du 14 janvier 2011.
Cependant les tunisiens rencontrés lors du Forum Social Mondial, ne regrettent pas la révolution et une liberté de parole retrouvée.
Oussama, rencontré avenue Bourguiba, explique que grâce à la révolution, il a pu s’engager et être en phase avec ses idées. Après la révolution, il a adhéré à Amnesty International. Avant, la police guettait tous ceux qui entraient dans le bâtiment où se trouve le local d’Amnesty à Tunis, il était dangereux d’être militant des Droits de l’Homme.
Pendant le Forum, lui et son groupe local organisent trois ateliers.
Pour lui, les tunisiens ont appris à dire « dégage » et c’est une bonne chose même si cela a plongé le pays pendant un temps dans le désordre. Par exemple, plusieurs patrons d’entreprises se sont vus mettre à la porte par la pression de leurs employés.
Aujourd’hui, cette opposition forte à l’autorité s’estompe mais l’envie de défendre ses droits et de construire une société juste est toujours là.
Même Omar, ancien garde du corps de la fille de Ben Ali, reconvertit en garde du corps du président de l’UGTT (Union Générale des Travailleurs de Tunisie), préfère vivre dans une Tunisie en pleine révolution.
« Le pain, le travail et la dignité » est le slogan reprit largement dans les pays du printemps arabe et pose clairement les attentes de ces peuples.
Même si le pain et le travail sont encore difficiles à acquérir pleinement en Tunisie, la dignité semble retrouvée.
Le mot « dignité » est d’ailleurs l’un des mots clés affichés sur les programmes et banderoles du Forum Social Mondial.

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