Sciences et démocratie : entretien avec Fabien Piasecki (Sciences Citoyennes)

Bassem, étudiant à la Faculté du 9 avril de Tunis et membre du Club Médiatique Culturel, s’est investi avec le groupe médias des Petits Débrouillards pendant le Forum Mondial Sciences et Démocratie (FMSD). Voici son entretien avec Fabien Piasecki, coordinateur de la Fondation Sciences Citoyennes et co-organisateur de ce forum.

Est ce que sciences et démocratie sont toujours en relation interactive ?

Ça serait mentir que de répondre oui. C’est un vœu pieux... Peut on parler de démocratie quand des choix scientifiques et techniques sont faits sans poser de question aux citoyens ? Je pense par exemple à la question du nucléaire, aux organismes génétiquement modifiés, à la mise en place de nanotechnologies... Les citoyens n’ont pas leur mot à dire alors que quand on regarde de près les OGM par exemple, on ne sait pas encore quels peuvent être les risques pour l’homme, pour la nature, pour les animaux. Pour les nanotechnologies c’est la même chose : on en retrouve dans de nombreux produits mis sur le marché, par exemple des crèmes solaires, sans savoir quels effets elles peuvent avoir sur les cellules humaines à long terme.

Qu’est ce que la démocratisation des sciences ?

C’est mon travail au quotidien. Pour démocratiser les sciences, il y a un grand volet d’éducation populaire et citoyenne. Ce sont des idées qu’on essaye de développer au FMSD. Les ateliers mis en place permettent aux gens, en dehors du cadre universitaire stricte, de se former et de développer un jugement critique sur la science. Car les messages qui sont véhiculés, en partie par les médias dominants, c ’est la science toute puissante, qui permet de résoudre tous les problèmes, comme une sorte de remède miracle.

Qu’est ce que vous dit la "scientifisation" de la démocratie ?

Si vous entendez une démocratie très procédurale, je ne peux pas être pour : la science n’est pas tout, il faut laisser une part au libre arbitre, à la spontanéité et à l’improvisation, à ce que n’est ni calculé ni rationnel. Il y a une notion importante, qui est le bon sens. Le bon sens des paysans qui connaissent leurs terres et essayent de vivre en harmonie avec la nature, mais qui ne travaillent pas forcément de manière scientifique. Ce bon sens, les scientifiques devraient l’avoir en tête lorsqu’ils travaillent.

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Fabien lors de la rencontre entre petits débrouillards et étudiants tunisiens volontaires pour le FMSD (Faculté du 9 avril).

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