« En Tunisie, on nous demande souvent de partir ! »

, par  Altermondes

Des exilés ont installé un mini-camp, à l’entrée du FSM, pour alerter sur leur situation. Trois questions à Fréderic Tiadé, 34 ans, Ivoirien, en Tunisie depuis mars 2011 dans le camp de Choucha, à la frontière libyenne.

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Propos recueillis par Yacine Mamouni

Pourquoi êtes-vous installés à l’entrée du FSM ?

Frédéric Tiadé : Nous sommes ici pour sensibiliser un maximum de personnes sur notre cas. Nous demandons l’asile politique dans un pays en sécurité. Et pour que l’Otan et l’Union européenne prennent leurs responsabilités, car ils sont à l’origine de tous ces conflits, avec leurs colonisations. Nous vivons tous ensemble dans le camp de Choucha, en Tunisie, près de la frontière libyenne, depuis mars 2011.

D’où venez-vous ?

F.T. : Nous venons tous de pays différents : Tchad, Cote d’Ivoire, Nigeria et même du Bangladesh. Nous avons fui ces pays parce qu’ils étaient en crise. Quand il y a la guerre, il faut fuir ! Nous nous sommes retrouvés en Libye. Ensuite, il y a eu la crise libyenne et nous avons dû encore une fois fuir. C’est comme cela que nous nous sommes retrouvés en Tunisie, car c’était le pays le plus proche.

Quel soutien recevez-vous ?

F.T. : Aujourd’hui, il n’y a que la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, sinon personne ne nous soutient, même pas l’UNHCR (Agence des Nations unies pour les réfugiés), qui déclare même que tout va bien pour nous ! Aujourd’hui, l’idéal serait d’avoir un soutien médiatique pour faire bouger les choses. Car dans moins de trois mois, il est prévu que le camp de Choucha ferme. En Tunisie, nous sommes parfois victimes de racisme. Personne ne veut nous embaucher, et on nous demande souvent de partir.

Voir en ligne : Altermondes propose une couverture quotidienne du FSM de Tunis et forme des jeunes à l’écriture journalistique : découvrez le projet "Reporters transméditerranée"

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