Médine et Lotfi D-K, deux rappeurs engagés…

, par  Altermondes

Médine de son vrai nom Médine Zaouiche, rappeur français d’origine algérienne et le rappeur algérien Lotfi DK (Double Kanon) de son vrai nom Lotfi Belamri pratiquent tous deux le rap conscient. Présents au FSM pour un concert, ils cherchent néanmoins à parler aux jeunes qui y participent. Interviews croisées.

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Propos recueillis par Delphine Zoundi

Que venez-vous faire au FSM ?

Lofti D-K : On a fait un concert avec Médine, ainsi que d’autres rappeurs, pour montrer que nous sommes là et que nous soutenons le projet du FSM. Je suis là aussi pour faire des rencontres. Je suis Algérien et je pense que dans mon pays, on a besoin d’évènements de ce type-là. Malheureusement, on ne peut pas le faire. C’est pourquoi, je suis venu participer au FSM en tant que représentant des Algériens pour acquérir de l’expérience, voir comment se déroulent les choses et comment fonctionne l’organisation. Je pense que beaucoup d’Algériens aimeraient bien acquérir de l’expérience pour pouvoir reproduire en Algérie quelque chose de similaire, mais à petite échelle avec les gens de différentes régions.

Medine : Je ne suis pas venu au FSM. Je suis venu participer au concert de rap organisé en marge du FSM, qui réunissait les rappeurs dits du Maghreb.

Quelle était votre intention en participant à ce concert ?

M : C’est la première fois que je viens en Tunisie. Je profite donc du FSM pour faire un peu de réseau avec les gens qui y participent. Je fais du Rap conscient, je pense que mes textes peuvent toucher pas mal de personnes ici.

Comptez-vous parler de la situation actuelle en Tunisie dans vos textes ?

L D-K : Bien sûr, je ne peux pas ignorer la situation en Tunisie. Le fait que le Forum se déroule en Tunisie a déjà un énorme impact sur les gens. Ils viennent de sortir d’une révolution, ils sont en train de se reconstruire. On ne peut pas refaire toute une démocratie en deux ans. Il faut calmer un peu les esprits. Je compte en parler dans mes textes, dire qu’il faut essayer de tourner la page et avancer.

M : Je n’ai pas prévu de le faire car je suis mal renseigné sur la question.

Ce qui se passe en ce moment en Tunisie vous inspire-t-il néanmoins ?

M : Je suis là pour ça aujourd’hui ! Je suis venu pour entendre aussi la voix de ceux qui n’ont pas forcément accès aux médias : les « laïcards » – laïcs radicaux -, les islamistes, les syndicats… Après, j’essaierai de digérer ces informations pour essayer de me rapprocher au maximum de la « vérité ».

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Pensez-vous que vos textes peuvent toucher les jeunes Tunisiens et les aider à s’exprimer davantage ?

L D-K : Bien sûr, le rap est clairement un moyen de communication, c’est l’un des plus crédibles d’ailleurs. Aujourd’hui, les journaux, la télé, tous les médias ont pris partie au niveau politique, que ce soit à gauche ou à droite, alors que le rap sort de la rue et n’a pas d’intérêt politique. C’est pour ça que les jeunes adhèrent plus aux idées des rappeurs.

M : Parmi toutes les idées que je développe dans mes albums, il y a une chose essentielle qu’il faut retenir : c’est l’émancipation intellectuelle. Et je crois que ça fonctionne en Tunisie, en France, et partout dans le monde… C’est primordial à l’heure actuelle car il y a un appauvrissement intellectuel général. Dans cette société où les informations vont trop vite, on n’a plus trop envie de se documenter en profondeur. On passe très vite sur les choses parce que l’actualité se fait avec des petites informations et non pas avec des enquêtes complètes.

Pourquoi militez-vous aujourd’hui ?

M : Je milite pour plus d’émancipation et plus de connaissance. Je pense que ce discours-là peut être entendu par tous les jeunes.

L D-K : Je veux parler de tout dans mes textes, mais je me base essentiellement sur l’éducation et le relationnel entre les gens. Et aussi sur la religion, car je pense que c’est ça qui construit un pays, surtout au Maghreb.

Voir en ligne : Altermondes propose une couverture quotidienne du FSM de Tunis et forme des jeunes à l’écriture journalistique : découvrez le projet "Reporters transméditerranée"

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