Le modèle Nordique… un modèle à suivre ou une utopie ?

, par  IEDES

Le 28 mars au cœur de l’Université de Tunis El Manar, un jeune groupe de norvégiens qui font partie du forum social norvégien ont exposé la viabilité du modèle nordique, lequel est tellement admiré et rêvé par les pays en voie de développement et aussi par quelques pays développés. Mais pourquoi il a du succès ? Pourquoi il marche très bien et la société est si organisée et contente, et même la monarchie appuie toutes les initiatives des citoyens ?

Le modèle Nordique, né dans les années 1930, est appliqué dans les pays appelés « nordiques » comme le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède, ainsi que leurs États associés, bien que le modèle fut d’abord créé et implémenté en Norvège. Nina Skranefiell, membre de l’équipe organisateur du forum social norvégien, explique que les trois piliers fondamentaux pour ce modèle sont : un gouvernement-état, une très forte union syndicale et une société assez organisée. Cette dernière doit être composée par une très grande classe moyenne qui participe activement. Elle a remarque qu’en Norvège 1 million d’habitants parmi les 5 millions appartient aux différents syndicats tels que les services publiques, les professeurs, etc ; ce qui se traduit par une société bien organisée et involucrée dans les luttes sociales.

L’entreprise privée a joué un rôle très important dans ce modèle, étant donné que c’était elle qu’envisageait que les syndicats et les employés soient tous d’accord en matière de rémunération, de tâches et de bénéfices sociaux pour pouvoir travailler efficacement et sans grèves. Elle a toujours cherché la stratégie win-win où tous les deux ans l’entreprise signe un contrat avec les syndicats afin de garantir tous les bénéfices promis. Néanmoins, en supposant que l’entreprise n’arriverait pas à garantir l’accord, l’Etat intervient pour le faire respecter. Alors quand les employés veulent des changements ou des améliorations, ils doivent attendre deux ans pour un nouvel accord car il est complément interdit de faire des grèves. C’est-à-dire deux ans où ils ont le temps d’analyser les reformes signées et proposer des améliorations pour le contrat suivant.

Les norvégiens sont très contents de payer leurs impôts même ci ceux-ci représentent environ 36% du revenu et la valeur ajoutée des produits représente 25%. La population a plein accès à un système d’éducation gratuit de bonne qualité sans aucune restriction depuis l’école jusqu’à l’université. Leur système de sécurité social et de retraite est envié par les pays d’Europe et encore plus par les pays du tiers monde. Alors, c’est la raison pour laquelle la population est motivée à payer les impôts et à profiter des bénéfices sociaux. Mais pour arriver à ce niveau là, selon eux, il faut avoir vraiment un état non corrompu et une politique fiscale adaptée à la réalité du pays pour éviter la fraude et le dumping fiscaux.

L’obtention d’un état social démocratique fut une lutte constante de la population, une lutte qui n’a jamais expérimenté la violence, ainsi la monarchie a toujours soutenu les activités des citoyens, sans devenir dans aucun moment un empêchement pour la société. Par conséquence, c’est un pays qui a une monarchie forte qui profite d’une grande popularité et qui a su se maintenir pendant le temps à différence de ses voisins du sud.

Si bien ce modèle a expérimenté beaucoup de succès, il ne faudrait pas l’encourager et le mettre en pratique dans plus de pays, parce que chaque pays a ses propres politiques, cultures, mais pourquoi pas reproduire les bonnes institutions et programmes ? Par exemple la sécurité sociale, l’implémentation de bonnes politiques fiscales, une éducation de qualité pour tous sans restrictions, un accord entre les entreprises privés et les syndicats pour avoir une société plus participative et organisée dans les demandes sociales.

Finalement, chaque pays nordique adapte des mesures économiques selon leurs besoins et conditions, mais toujours sur la base d’une juste politique fiscale, du respect aux droits de l’homme, en maximisant la participation de la population qui travaille et les syndicats, et d’une meilleure distribution de la richesse pour que la classe moyenne soit majoritaire. Donc, une utopie ? Pas nécessairement, il faudrait seulement classer les priorités d’un pays et mobiliser les sociétés vers une participation citoyenne plus active en luttant ensemble pour le bien commun afin de construire une

Par Fanny Jaramillo Villavicencio, IEDES.

Navigation

Suivez-nous

Sites favoris Tous les sites

0 sites référencés dans ce secteur