Pour un monde sans nucléaire

, par  Attac

Mercredi 10 août 2016, par Jacqueline Balvet.

« Autrefois on fabriquait des armes pour les guerres, aujourd’hui on fabrique des guerres pour vendre de armes » Arundhati Roy, écrivain et militante indienne pacifiste.

Dès lundi 8 août au matin, le forum thématique « Pour un monde sans nucléaire » nous a plongé dans le monde complètement fou de l’industrie nucléaire civile et militaire avec sa radioactivité, ses catastrophes, ses morts, ses déchets et la véritable addiction des gouvernements à acquérir et développer son arsenal militaire nucléaire.

Nous sommes accueillis par un message skype de Naoto Kan, un des rares hommes politiques intègre dans ce domaine – il a quitté son poste de 1er ministre au Japon après la catastrophe de Fukushima. Il nous redit ses doutes sur les bienfaits tant vantés du progrès technologique qui apporterait le bonheur à l’humanité et affirme une fois encore l’absolue nécessité d’abolir cette industrie, celle des armes comme celle des réacteurs, au Japon comme partout dans le monde.

Avec la Colombie Britannique et la Nouvelle Ecosse, le Québec est une des trois provinces canadiennes à avoir déclaré un moratoire sur l’implantation de réacteurs, après avoir arrêté en 2012 le seul en fonctionnement, à Gentilly. Le Canada, 2e plus grand producteur d’uranium avec 15% de la production mondiale, possède 16 réacteurs en fonctionnement en Ontario et 1 au Nouveau Brunswick, tous alimentés par de l’uranium provenant des mines du nord de la Saskatchewan. Les luttes sont très fortes en Ontario, actuellement une des plus importantes est de bloquer un projet d’enfouissement des déchets peu et moyennement radioactifs dans un site situé sur les berges du lac Huron à 100 m de profondeur.

Les Etats-Unis, avec ses 99 réacteurs répartis dans 62 centrales, ne sont guère mieux lotis. Barack Obama s’était présenté comme le président qui dénucléariserait le monde. Le 5 mars 2009, il déclarait « ..... aujourd’hui, j’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à bâtir un monde débarrassé des armes nucléaires. » Il finit son mandat avec, sur les rails, un programme de 1.000 milliards de dollars visant à renouveler entièrement l’arsenal américain : missiles intercontinentaux, sous-marins, bombardiers, têtes nucléaires...

Palo Verde, la plus grande centrale américaine qui emploie 2.000 personnes, est une des meilleurs exemples de la folie technologique du XXI siècle, en « défiant » le désert de l’Arizona. Un membre d’une communauté autochtone, travaillant à témoigne de ses conditions de travail inhumaines (les premiers travailleurs portaient les cas d’uranium sur leur dos) et explique que l’eau nécessaire au refroidissement nécessaire provient, via un pipeline, des égouts de la ville la plus proche située à plus de 50 kms.

En fin de forum, l’assemblée adopte une déclaration spécifiant clairement « nous faisons collectivement appel à une mobilisation mondiale de la société civile dans le but d’obtenir l’élimination de toutes les armes nucléaires, de mettre un terme à la production massive annuelle de déchets nucléaires, à haute intensité en se débarrassant de tous les réacteurs nucléaires et de mettre fin à toutes les activités mondiales d’extraction de l’uranium » . Cette déclaration va être envoyée partout dans le monde pour signature.

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