Rassemblement pour la mémoire de Berta Cáceres

, par  Myriam Merlant

Mercredi 10 août au soir, sur la place Pasteur près de l’UQAM, plusieurs dizaines de personnes se sont donné rendez-vous pour rendre hommage à Berta Cáceres, une militante hondurienne lâchement assassinée à son domicile le 3 mars 2016.

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Symbole de résistance, de rébellion et d’espoir de bâtir un monde meilleur, Berta Cáceres a mené une vie de combat : luttes contre les barrages, actions pour protéger les territoires autochtones et défendre les droits des femmes... Une fresque murale, réalisée à son effigie par la street-artiste québecoise Fanny Aisha à partir de peintures récupérées, est installée sur la pelouse. Son message donne le ton à cette soirée : « Berta reviendra et se multipliera par millions ».

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Après s’être rassemblés autour de la fresque sous les slogans de « Berta vive, la lucha sigue », les participants sont invités à s’asseoir et à écouter les témoignages de ses filles, Berta et Laura.

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Berta et Laura Caceres (au milieu et à droite)

Dans les veines de ces deux jeunes femmes coule le même sang révolutionnaire que celui de leur mère : « Ils ont essayé de tuer la lutte mais la résistance est encore plus forte depuis qu’elle n’est plus », commente Berta. Elle raconte en quelques mots la vie de sa mère qui a osé affronter les puissants : l’Etat hondurien et les multinationales et qui l’a payé de sa vie. Laura rappelle que la justice hondurienne n’a pas fait son travail d’enquête et que le gouvernement continue de criminaliser les mouvements sociaux. « Mais nous allons continuer son combat, lutter contre tous les coups d’Etat, au Honduras, mais aussi en solidarité avec ce qui se passe actuellement au Brésil, combattre les violations de nos terres et défendre le corps et la vie des femmes autochtones ».
Car ce crime ne s’oubliera pas...

Ese crimen no se olvide (« ce crime ne s’oubliera pas »)
Ese crimen no se olvide
Ese crimen no se olvide,
répètent Laura et Berta, avec une foule émue qui reprend, en anglais et en français les paroles des deux jeunes femmes résilientes.

Une Brésilienne est intervenue aux côtés des sœurs Cáceres, pour évoquer la mort de Nissina, une pêcheuse de Belo Horizonte, qui avait des combats proches de ceux de Berta. « Ces deux morts à quelques mois d’intervalle n’ont rien d’une coïncidence », rappelle-t-elle, en faisant des rapprochements sur les situations politiques brésilienne et hondurienne.

Les témoignages se terminent avec celui de Felix Molina, journaliste hondurien et ami de Berta : « Elle avait trois grandes qualités : la joie de vivre, un pouvoir de séduction naturel et avait l’esprit très joueur, quand bien même elle se confrontait en permanence à un système de mort ». Felix rappelle qu’étant femme, autochtone et féministe, Berta représentait une triple menace pour le système capitaliste. Ils l’ont éliminé mais « Berta n’est pas morte, elle s’est multiplié chez chacun d’entre nous ». Elle reste présente dans nos rivières, où Berta avait l’habitude d’y voir « des chemins où voyagent l’esprit de nos ancêtres ».

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La soirée s’est terminée par la projection d’un court-métrage en avant-première de Katia Lara, « Berta Vive », qui retrace les moments de lutte des dernières années de Berta Cáceres.

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