Au Bangladesh, la cause des travailleurs du textile avance doucement mais sûrement

, par  Libération

Après la catastrophe du Rana Plaza en 2013, les conditions de travail des ouvriers du textile se sont améliorées mais restent très précaires.

Drapée dans une tunique rose, Kalpona Akter, présidente du Centre bangladais pour une solidarité des travailleurs, s’exprime dans un anglais parfait. Cette travailleuse bangladaise, employée dans une usine de confection de vêtements, est venue au Forum social mondial, à Montréal cette année, pour défendre la cause de ses collègues exploités par l’industrie manufacturière mondiale. « Au Bangladesh, 4 millions de personnes travaillent dans le secteur de la fabrication de vêtements, en grande majorité des femmes, décrit la militante. Le revenu minimum est de 68 dollars par mois, ce n’est pas suffisant pour nourrir une seule personne, et encore moins une famille comme c’est souvent le cas. »

Les deux multinationales les plus implantées dans le pays sont H&M et Walmart. Celles-ci ne se sont pas désengagées après l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza abritant plusieurs milliers de travailleurs, le 24 avril 2013. Cette catastrophe a fait 1135 morts et éveillé l’opinion internationale sur les conditions désastreuses de travail des ouvriers du textile. « L’accident du Rana Plaza a été un moment important de prise de conscience et de changement dans le comportement des entreprises, soulève Kalpona Akter. Plus de 200 entreprises, pour la plupart européennes, ont signé des accords les obligeant légalement à améliorer nos conditions de travail, et notamment de sécurité. »

La possibilité pour les travailleurs de se syndiquer s’est aussi améliorée. « Avant cela, les travailleurs qui tentaient de se réunir en syndicats étaient battus et licenciés », ajoute la militante bangladaise. En trois ans, le nombre d’organisations de travailleurs est passé d’une vingtaine à plus de 300. Une belle progression, même si le pouvoir de négociations des ouvriers reste très limité, et que ceux-ci continuent de subir la pression des autorités et des entreprises qui les emploient.

« La lutte doit continuer, appelle donc Kalpona Akter. Pour cela, le boycott des grandes marques qui produisent au Bangladesh n’est pas une bonne solution, car elles iront exploiter les travailleurs d’autres pays où il existe encore moins de protections. Interpellez plutôt les marques dont vous achetez des vêtements et exigez qu’elles améliorent le traitement de leurs ouvriers ! »

Aude Massiot.

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