Comment créer de la transformation sociale et politique ?

, par  Philippe Merlant

Le Parti de la gauche européenne, des mouvements citoyens et des chercheurs se sont retrouvés jeudi après-midi pour un atelier axé sur la question de la transformation sociale et politique. Retour sur quelques propos forts échangés par les intervenants.

Natasa Theodorakopoulou (Syriza, Grèce) :

« Syriza est issue du mouvement social, et surtout du mouvement alternatif. La coalition entre les forces progressistes a commencé à se travailler à partir de l’an 2000. Elle est devenue un parti en 2013 pour pouvoir gouverner. C’est cette coalition large qui a donné à l’opinion l’envie de voter pour la gauche, et pas pour l’extrême-droite comme dans d’autres pays d’Europe. »

Maïté Mola (vice-présidente du Parti de la Gauche européenne, Espagne) :

« Podemos résulte aussi d’une coalition extrêmement large entre toutes les forces possibles (les Verts, les communistes, la gauche, les Catalans…) en travaillant sur ce qui nous rassemblait, et pas sur ce qui nous divisait. On a vite constaté que 60 à 65 % des choses nous réunissaient. Et nous avons pu écrire le programme en trois semaines. Les anciens partis ont accepté de se renouveler pour entrer dans la coalition, mais ils ne se sont pas dissous car il s’agit seulement d’un front électoral. Nous sommes sûrs d’une chose : si on n’a pas les gens dans la rue, on ne peut rien contre les banques et les multinationales. »

Gus Massiah (IPAM, France) :

« Depuis 40 ans, la question se pose : pour changer les choses, faut-il prendre le pouvoir ? En France, la période 1967-1972 a préfiguré le fait que le socialisme d’Etat n’est pas un projet d’émancipation à la hauteur des enjeux. Et le mouvement altermondialiste, parti du Sud autour de revendications sur la dette, est apparu. Puis des mouvements sociaux qui sont devenus des mouvements politiques : les mouvements de femmes, les luttes paysannes… Avec, à la clé, une nouvelle culture politique qui se traduit par l’importante donnée à la diversité, portée notamment par le féminisme. Et par un nouveau rapport entre l’individuel et le collectif : le modèle militant s’incarne dans le “lanceur d’alerte” capable de créer un mouvement collectif à partir d’un acte de résistance individuelle. »

Pierre Beaudet (Les nouveaux cahiers du socialisme, Québec) :

« Notre mouvement a été très en haut entre 1950 et 1970, très en bas entre 1970 et 1980, il redevient ascendant depuis 1990. C’est la marche des femmes, en 1995, qui a réenclenché les choses en devenant un mouvement populaire. Ensuite, il y a eu la lutte contre le libre-échange, puis le mouvement écologique. En 2012, les “cœurs battants” sont allés chercher le prolétariat, et celui-ci est entré dans le mouvement. Globalement, nous restons quand même dans une position défensive, et non pas offensive. »

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