Achraf Ayadi : « Les droits humains m’ont mené au combat anti-nucléaire »

, par  Philippe Merlant

A 25 ans, Achraf Ayadi est l’un des fondateurs de l’Institut tunisien des études des droits de l’homme, partenaire du Mouvement de la Paix. Rencontre.

1/ Quels sont les objectifs de l’Institut tunisien des études des droits de l’homme ?

L’Institut tunisien des études des droits de l’homme a été créé par huit jeunes en 2012, juste après la révolution. Sous le régime de Ben Ali, nous n’avions pas le droit de créer des associations. Notre objectif était clair : défendre les libertés en Tunisie. Il faut dire que avons connu des périodes très dures, notamment lors du processus de ratification de la constitution tunisienne : nous avons participé à des commissions de consensus sur la parité de genre et lancé des pétitions concernant la participation des jeunes et la parité hommes/femmes. Nous avons aussi travaillé sur la décriminalisation de l’homosexualité (avec des cas de torture par test anal) et obtenu le soutien de quelques parlementaires, mais nous restons assez minoritaires sur cette question : ainsi, la présidente de la commission des droits de l’homme au sein du Parlement nous soutenait, mais elle ne pouvait pas prendre officiellement position.
Nous sommes aujourd’hui une soixantaine de membres, presque tous des jeunes, avec des antennes dans quatre gouvernorats. Et nous nous battons pour que l’éducation aux droits de l’homme soit reconnue comme une matière principale dans l’enseignement tunisien.

2/ Quelles sont tes missions au sein de cet institut ?

Pendant la révolution, j’étais lycéen, très enthousiasmé par les événements. J’ai été l’un des co-fondateurs de l’association Sawty : on a commencé par travailler sur la participation de la jeunesse aux élections législatives en faisant le tour de la Tunisie avec un « bus citoyen ». Etudiant en première année de communication audiovisuelle, j’ai commencé à m’intéresser à la question du nucléaire en avril 2012 : je suis allé à Vienne participer à la session préparatoire au traité de non-prolifération. Pourquoi cet intérêt soudain ? Je m’intéresse à tout ce qui concerne l’humanité. J’ai regardé des vidéos sur les victimes du nucléaire, et même les victimes des essais : c’est de voir tout cela qui m’a mobilisé. En 2015, j’ai suivi une formation de 23 jours à Hiroshima, avec 20 jeunes sélectionnés comme moi, de nationalités différentes. Je suis donc celui qui porte, au sein de l’Institut, le combat en faveur de l’abolition du nucléaire.

3/ Quelles étaient tes attentes vis-à-vis du Forum social mondial et qu’en as-tu tiré ?

C’est le troisième FSM auquel je participais. J’étais membre du comité d’organisation du Forum à Tunis en 2013, puis j’ai été traducteur pour celui de 2015. Je suis devenu un vrai militant altermondialiste. De cette édition à Montréal, j’attendais surtout davantage de contacts avec les autres organisations pacifistes et anti-nucléaires. J’ai eu aussi beaucoup de contacts avec d’autres activistes, notamment sur les questions du dérèglement climatique et des droits humains. Mais également avec des syndicalistes et des parlementaires, dans le cadre du Forum mondial des parlementaires, parallèle au FSM. J’ai rencontré des militants égyptiens et j’ai été très impressionné par le rassemblement organisé par les Kurdes au premier jour du Forum. Bref, j’ai bien étoffé mon carnet d’adresses.

www.facebook.com/tihrs

Navigation

Suivez-nous

Sites favoris Tous les sites

0 sites référencés dans ce secteur