« La démocratisation est irréversible en Afrique »

, par  Secours Catholique - Caritas France

Le Forum social mondial a débuté lundi 7 février par une journée Panafricaine. Des acteurs de la société civile africaine ont témoigné de la situation de leur continent, et ont notamment plaidé pour des processus électoraux transparents.

« C’est le pouvoir mal acquis qui conduit aux biens mal acquis », lance un représentant Gabonais de la société civile. Ce dernier a été invité par l’atelier de l’association française Survie avec d’autres militants africains afin de témoigner des processus électoraux dans leurs pays, qui se tiennent bien souvent dans des conditions non-démocratiques. Survie a ainsi souhaité permettre un échange sur les pratiques de la société civile autour des élections.

Combat pour la démocratie.

Gilles, représentant d’une association Ivoirienne d’observateurs, aborde un sujet brûlant : les élections présidentielles en Côte d’Ivoire. « Notre association a réussi à déployer de nombreux observateurs sur le territoire ivoirien. Nos observations restent en harmonie avec les données de la commission électorale indépendante, nous pouvons certifier les résultats des élections », affirme-t-il. De son côté, un Sénégalais prend la parole concernant les élections présidentielles prévues au Sénégal en février 2012. Il explique que la constitution sénégalaise adoptée en 2001 impose une limite de deux mandats présidentiels consécutifs. « Or Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, estime que son premier mandat ne compte pas, puisqu’il a été élu la première fois sur la base de l’ancienne constitution. Il compte donc se présenter aux prochaines élections, s’insurge le militant. L’Afrique doit se battre. La démocratisation est irréversible. Il faut exiger de ceux qui sont élus légitimement que leurs actions soient également légitimes. »

Observateurs.

Karima Delli, députée européenne des Verts, explique que les observateurs européens, députés et fonctionnaires, ont l’obligation de mener leurs missions d’observation avec des organisations de la société civile. « Toutefois, nous demandons à la Commission européenne et aux Etats membres de prendre en compte nos recommandations et, dans le cas où une élection se déroule bien, de donner des encouragements, là où elle n’émet généralement pas d’avis », explique-t-elle. Son discours suscite de nombreuses réactions des Africains qui semblent excédés de la situation peu démocratique de leurs pays. « Les observateurs internationaux attendent de venir dans nos pays seulement lorsque la campagne électorale a officiellement commencé, mais bien souvent elle a débuté depuis bien longtemps », avertit-il. De nombreuses questions se posent : « Que faisons-nous pour préparer les élections avec le petit peuple ? » « Pourquoi la communauté internationale n’a pas réagi lors des élections au Togo alors qu’elle savait qu’elles étaient truquées ? », s’exclame un Togolais

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© Elodie Perriot / SC
Grégoire Niaudet, du département Plaidoyer International du Secours Catholique, évoque le modèle latino-américain

Grégoire Niaudet, l’un des chargés de plaidoyer au Secours Catholique, propose quant à lui de prendre exemple sur certains pays d’Amérique latine. «  Nous sommes à un moment charnière de par les nombreuses élections qui ont lieu actuellement en Afrique. Les piliers d’Etats de droits sont fragiles et les parlementaires ne tiennent pas leur rôle, affirme-t-il. La plupart des partis politiques ne sont pas fondés sur des bases "programmatiques" mais plutôt claniques et ethniques. Proposons de mettre en place une collaboration des partis africains avec les députés européens. Vous, l’Afrique, cessez de regarder l’Europe, prenez plutôt exemple sur l’Amérique latine qui a réussi à construire une connexion "programmatique" entre les partis politiques et la société civile. »

Clémence Richard

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