Un grand succès pour le CADTM lors de la marche d’ouverture du FSM

, par  CADTM

Le CADTM a marqué de sa présence la grande marche d’ouverture du Forum Social Mondial de Dakar qui a rassemblé plus de 60.000 personnes. Cette manifestation constitue un vrai succès en termes de mobilisation. Pendant plus de 4h, de nombreuses organisations ont défilé, rassemblant notamment un grand nombre de femmes et de jeunes. Les Sénégalais-e-s étaient également largement mobilisé-e-s. A la fin de la marche, un concert de Didier Awadi, artiste engagé, a clôturé cette première journée.

Le groupe du CADTM, malgré une place en fin de cortège, a connu une très grande visibilité et a attiré une grande sympathie. Plus de 150 personnes, en grande majorité jeunes, étaient présentes dans ce bloc comprenant les membres des organisations du réseau venus avec la caravane, les organisations qui ont rejoint le CADTM à Dakar ainsi que de nombreux-ses manifestant-e-s. Ainsi le Togo, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, la RDC, le Congo Brazzaville, le Maroc, la Tunisie, le Pakistan, l’Argentine, la France, la Belgique et la Pologne représentaient le réseau international du CADTM.

JPEG - 65.9 ko

Devant le cortège, une grande banderole de 6 mètres sur 4 mètres annonçait la couleur ! Une camionnette équipée d’une sono ouvrait également la marche du groupe CADTM : à son bord le mouvement hip hop qui a réalisé avec le CADTM la compilation « Globalisons les résistances » lancée le 29 janvier 2011 par un concert auquel ont assisté 5.000 personnes (Lire Le mouvement hip hop monte au créneau pour l’annulation de la dette du tiers monde). Les artistes Fou malade, Keurdi, Matadore et d’autres ont animé avec fougue le cortège du CADTM.
L’album très engagé a été diffusé tout au long de la marche, attirant la jeunesse qui levait le poing et scandait « annuler la dette » au rythme de la musique. Durant les interludes musicaux, Rasmane Zinaba d’Attac/CADTM Burkina faisait vibrer le cortège par des slogans forts repris en cœur par les participant-e-s : « Camarades !, à bas la dette, A bas !, A bas le FMI, à bas !, a bas la Banque mondiale, à bas !, ... » ; « Elle tue, elle pille, elle assassine, refusons, refusons, refusons la dette » ;« Est ce que l’Afrique doit encore ? NON ! » ; « Solidarité avec les femmes du monde entier »...

La détermination et la révolte face aux diverses formes d’oppressions dénoncées par le CADTM étaient au rendez-vous. Le groupe soudé a su porter haut et fort les messages altermondialistes qui ont été largement entendus durant cette marche.
Notons également qu’une vingtaine de banderoles avaient été placées en amont sur tout le parcours de la manifestation, ce qui a incontestablement renforcé la visibilité du groupe.
En somme, il est certain que cette marche a été pour le CADTM une grande réussite qui lui a conféré une place importante pour la suite du Forum.

Le CADTM s’est fixé pour objectif de contribuer activement à ce que le Forum Social Mondial de Dakar soit une grande réussite, à la hauteur des défis que doivent porter les mouvements sociaux. En effet le contexte international marqué par de nombreuses crises interconnectées (crise alimentaire, crise financière, crise économique, crise migratoire, crise sociale, crise écologique...) engendre pour les peuples du Sud comme du Nord la nécessité absolue de mettre en place partout des résistances au système capitaliste, et de proposer des alternatives cohérentes qui remettent radicalement en question celui-ci en proposant la construction d’un autre monde basé sur le respect des droits humains fondamentaux et non le profit.

Le contexte régional augmente également le défis pour les mouvements sociaux. Le continent africain connaît pour la première fois depuis les indépendances des révoltes populaires porteuses de réels projets émancipateurs pour les peuples. Après la révolution tunisienne qui a mis à bas Ben Ali, l’Egypte, l’Algérie, mais aussi le Yemen dans la partie asiatique du Moyen-Orient, connaissent de larges mouvements qui doivent bénéficier d’une grande solidarité et d’actions coordonnées de la part du FSM pour aider les peuples à se libérer ou pour consolider leur victoire.

Pour finir, le contexte local connaît également son lot de mobilisations qui doivent trouver un écho au sein du Forum. En effet, dans l’optique de privatiser la société nationale d’électricité sénégalaise (SONELEC), Dakar connaît depuis des mois des délestages. Les Dakarois-es sont ainsi quotidiennement privé-e-s d’électricité, parfois pendant plus de 12 heures. Karim Wade (« Karim dollars », comme l’appelle le mouvement hip-hop de Keurgi « Y en a marre »), fils du président Abdoulaye Wade (« Wade milliard ») et ministre, entre autres, de l’énergie, a évidement des intérêts colossaux dans cette privatisation.

Les jeunes des quartiers se sont organisés depuis quelques semaines pour bloquer les grands axes de la ville en brûlant des pneus pour contester les coupures incessantes d’électricité. La semaine dernière, la maison familiale de Wade a également été mise à sac.

JPEG - 45.1 ko

Durant la marche, sur la camionnette du cortège CADTM, on pouvait lire sur des pancartes réalisées par le mouvement hip-hop « non au délestage et à la privatisation de la SONELEC » ainsi que « Audit du FESMAN et de L’ANOCI  » village construit pour accueillir le festival des arts nègres.

Le CADTM continuera tout le long du Forum à porter les revendications de la jeunesse sénégalaise.

C’est dans ce contexte que le FSM s’ouvre, et il est clair que les enjeux sont de taille. L’organisation jusqu’à présent chaotique ne va pas faciliter la tâche. Le programme du forum est sorti seulement lors de la première journée en fin de matinée. Une grande partie des salles qui devaient accueillir les ateliers ne sont pas disponibles, ce qui fait que pour la première matinée, sur 150 activités prévues, 110 ont été annulées.

Quoi qu’il arrive le CADTM tiendra ses activités, quitte à les faire en plein air, non loin des salles initialement indiquées ou aux alentours de son stand, lui aussi improvisé sous des arbres, faute de place dans les espaces prévus à cet effet.

7 février par Pauline Imbach (CADTM.org)

Navigation

Suivez-nous

Sites favoris Tous les sites

0 sites référencés dans ce secteur